LA CHRONIQUE DU CHRONICOEUR DE CE DERNIER CAFÉ BAVARD DU 18 MAI 2025
Par Alain Roger Chosson
Et comme ultime entrée en matière, une longue et belle série de gammes à la guitare acoustique par Thio, sa virtuosité fascinante au bout des doigts ! Moussa, notre hôte, s'est ensuite payé une fine déclamation textuelle toute droite sortie de son cerveau sans cesse en ébullition, sa logorrhée pailletée par les ondes issues du Kora de Fabien Zarka, dont il a tiré - Fabien - à un moment M, une modulation étonnante, surgie au milieu d'un bouquet de phrasés autrement plus conventionnels ; merci à lui pour ce sublime point d'orgue. Après ces beaux outils manufacturés, audience fut donnée à la voix d'Amal el Bouchari. Elle a magnifié a cappella quelques piliers de marbre de la chanson populaire, du marbre venu de nombreux pays dont nous nous sommes évertués et amusés à reconnaître les différentes bannières. Sur la seule corde tendue de sa voix sans faiblesse, elle a porté haut l'aura linguistique de ces drapeaux. A celle qui fut ma voisine d'un court après-midi, bravos sans fin pour ce talent pur comme le diamant et merci pour une gentillesse non feinte. Et Paul est arrivé, sorti une fois encore du chapeau de son grand-père, magicien historique des scènes où s'escamotent et surgissent tant d'objets grands et petits, telle cette baguette de cinq mètres de long qui faillit percer le plafond de ce café de Paris tant aimé. Nous eûmes droit à l'Oeuf transformé en poule, l'oeuf transpoulé en forme - celle que l'on voudra, évidemment. On fait trop souvent la part belle au jaune ou au blanc, mais de la coquille, pourquoi n'en parle-t-on jamais ? Est-elle si peu porteuse d'inspiration pour qu'on la néglige ? En tout cas, quel bel arrondi et quelle résistance !
Quelle démonstration, quelle énergie, et avec quelle conviction cela nous fut transmis ! Ramdane, danseur Berbère, a remué scène et salle de ses manifestations corporelles organiques ! Ameutant les forces telluriques dissimulées tout en dessous de lui, il s'en est servi pour bondir et révéler sa personnalité de pur esprit dansant. Mylène et Kristian, couple iconique du bal de la rue Mouffetard à découvrir le dimanche matin, a réveillé au son de l'accordéon l'âme du cabaret Français. Belle évocation de la Miss dont on ne parle plus guère, puis de Joséphine, grand meneuse de revues avant Zizi Jean maire et Lisette Malidor, cette Mme Baker qui ne put avoir d'enfants mais inventa le beau concept de tribu arc-en-ciel en adoptant avec Jo Bouillon son mari des orphelins du monde entier. A ce propos, la prestation d'Amal el Bouchari et ses chansons du monde, était très proche de ce concept. Nouma Aimé... Que de choses il a à dire ! Il en a tant qu'il est difficile à suivre... Sa générosité devra s'élaguer un peu car il pourrait s'y noyer et nous avec. Emma Krieff. Quel métier, quelle voix, quel jeu et quel plaisir à la revoir sur cette scène minuscule qu'elle surdimensionne par son talent sans artifices ! Il faut courir la voir partout où elle se produit. Yvon et Lucas, duo d'improvisation. Cet art est périlleux, que jalonnent et façonnent expérience, mémoire à tiroirs et inspiration pure et spontanée. Quant à l'humoriste, égratigné par Moussa, j'aurais dû lui octroyer plus d'écoute mais, c'est une explication et aussi une excuse, opéré depuis peu, j'ai écourté ma présence, étant dans l'impossibilité de rester en position assise - debout, c'était pire. Que de beau monde j'ai pu - nous avons pu - apprécier en 14 ans ! Aurons-nous droit à une nouvelle version ou quelques - plaisantes et dit sans arrière-pensée - piqures de rappel ? A Moussa de nous répondre. a-r
Le dernier Café Bavard tire sa révérence à l'appel du 18 mai 2025
23/06/2025. Lien permanent
Comme toutes chose à une fin le Café Bavard n'échappe pas à cett règle, alors oui c'est bien le dernier Café Bavard ce 18 mai 2025 et ce à 1 mois avant l'appel du 18 juin. Petit clin d’œil pour une certaine résistance culturel qui fut un combat car il fallait remplir ce Café à ras bord, ce qui ne fut pas dans ses début en 2011. Nous partons donc la tête haute en plein succès d'un Café Bavard blindé et au comble du comble sous la rouspétance d'un public qui accuse un trop serré Il est vrai qu'on ne sait pas dire non à cette formulation "il reste bien une petite place pour moi?" - Oui bien sûr !
