En souvenir de vous un 22 septembre 2024 au CAFÉ BAVARD
Un Café Bavard qui a prit ses aises, ses airs de cabaret côté menilmuch', un moment suspendu de ce 22 septembre 2024.
LE POINT DE VUE DU CHRONICOEUR
ALAIN ROGER CHOSSON
Devant une salle comble, Even s'est dénudée sous une aura d'arpèges onglés et aériens évadés du guzheng. Elle a dévoilé nombre d'aspirations subtiles, les siennes sans doute et peut-êtres celles, cachées ou à faire émerger, d'une assemblée toute d'écoute et de perception visuelle. Entre deux intervenants, s'est glissé un poème sur l'IA, géniale panacée aux visées tentaculaires et, je l'espère, uniquement pacifiques même si j'en doute, poème applaudi par politesse, sans plus. Merci, Bernard Tranchant pour la chaleur de cette Fanette assez tripale. " Il n'aurait fallu qu'un moment de plus pour que la mort vienne" , mais le geste qui sauve est venu, lui. Merci Louis et Léo, merci à l'amour pour sa participation et à très vite, Bernard ! Samia Kriens préfère-t-elle le thé au café, voire l'inverse ? Cela doit dépendre de son humeur ou de l'état d'âme du moment. En tout cas, la concurrence dure et perdurera tant que l'on pourra cultiver sainement l'un comme l'autre, les récolter, les conditionner, les exporter, les acheter, les broyer, les infuser et les boire. J'ai plutôt l'impression que Samia défend les deux, non ? L'essuie-glace de Mata Gabin chasse la tourmente, fouette les averses et n'en finit pas. Cet ustensile - ou le symbôle qu'il sous-tend - questionne l'Univers qui lui répond à sa manière, sans concession, réponses forcément inattendues, forcément aléatoires. Son discours, lui, incite à se creuser la cervelle. Sous cet air autoritaire que lui confère son uniforme médical multidisciplinaire, Marie le Clézio paraît inflexible ! Comme c'est inexact ! En une fraction de seconde, elle déploie son être à 180 degrés, sous nos yeux ébahis elle se frenchcancante, se grantécardise. Survitaminée, elle boute loin les tabagistes, les férus d'alcool. Son dire chiropracteur la découvre dans toute sa souplesse, de corps et surtout d'esprit. Hafid Bania nous a proposé un duo instrumental contrasté, un peu déroutant pour beaucoup d'oreilles tempérées par atavisme. Sa rythmique est haletante, servie par une voix claire et souvent haut-perchée ; j'y ai parfois touvé les accents de Salif. Bravos mérités. Gaston Couté, 1880-1911. C'est bien court. Avec tact et mesure, Bruno Daraqui nous a conté ce poète d'affirmation rurale, ce paysan qui a très mal tourné puisque débauché par le vice de la plume, la sienne parfumée au foin, cette même plume génératrice de sa mini-gloire posthume.
Il faudra revenir, Bruno, pour déclamer Gaston et d'autres. Lorant Prokopic, lui, nous a campé un Auvergnat brûlant d'hospitalité, un marchand de vins et charbon pas causant, aussi chaleureux et bon que l'original ! Quant à son gorille, il a non seulement réchauffé le coeur de la salle mais on a vraiment cru le voir déambuler dans les travées en y semant ses poils ! Yves Sanarens est très à l'aise dans le grand Ferrat. Sa première chanson, un peu gentillette, a ouvert la porte à un hymne véritable, ma France, celle qu'il faut continuer à défendre et à sortir de cet élitiste étroit et accaparant qui la mine. Paul Maz est toujours deux bouts ! que ce tour est bien ficelé ! Ensuite, il nous a parlé d'oeufs sans jamais leur marcher dessus - tant mieux de les avoir préservés, car le terrain aurait été glissant !